L'ombre chinoise

Télécharger L'ombre chinoise PDF En Ligne Gratuitement Georges Simenon - Il était dix heures du soir. Les grilles du square étaient fermées, la place des Vosges déserte, avec les pistes luisantes des voitures tracées sur l’asphalte et le chant continu des fontaines, les arbres sans feuilles et la découpe monotone sur le ciel des toits tous pareils. Sous les arcades, qui font une ceinture prodigieuse à la place, peu de lumières. A peine trois ou quatre boutiques. Le commissaire Maigret vit une famille qui mangeait ...
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Details of L'ombre chinoise
| Book's Title | L'ombre chinoise |
| Author | Georges Simenon |
| ISBN-10 | 2253142514 |
| Publication's Date | 01/04/2004 |
| Category | Tragédie |
| Tags | |
| Customer's Rating | 3.94 stars of 5 from 41 Readers |
| Filename | l-39-ombre-chinoise.pdf |
| Filesize | 21.64 MB (current server's speed is 26.74 Mbps |
Besides L'ombre chinoise, Georges Simenon also write another book such as Dix petits nègres, Le Crime de l'Orient-Express, Pars vite et reviens tard, Le chien des Baskerville, La Princesse des glaces, Le chien jaune, L'Affaire Saint-Fiacre, Pietr-le-Letton, Le Pendu de Saint-Pholien, Le Chat, La rue aux trois poussins
[...] ... [Mme Martin] sortait toute vivante d'un album de famille. Physiquement, elle s'assortissait aussi bien que possible au fonctionnaire à l'Enregistrement qu'elle avait épousé. On les imaginait sans peine, le dimanche après-midi, montant par exemple les Champs-Elysées : le dos noir et nerveux de Mme Martin, son chapeau toujours en travers à cause du chignon, sa démarche précipitée de femme active et ce mouvement du menton soulignant des paroles catégoriques ... Et le pardessus mastic de Martin, ses gants de peau, sa canne, sa démarche assurée, paisible, ses tentatives de flânerie et d'arrêt aux étalages ... - "Vous aviez des vêtements de deuil chez vous ?" murmura insidieusement Maigret en exhalant une grosse bouffée de fumée. - "Ma soeur est morte il y a trois ans ... Je veux dire ma soeur de Blois ... Celle qui a épousé un commissaire de police ... Vous voyez bien que ... - Que ? ..." Rien ! Elle le mettait en garde ! Il était temps de lui faire sentir qu'elle n'était pas n'importe qui ! Elle devenait d'ailleurs nerveuse parce que tout le discours, qu'elle avait préparé ne servait de rien, par la faute de cet épais commissaire. - "Quand avez-vous appris la mort de votre premier mari ? - Mais ... ce matin, comme tout le monde ! C'est la concierge qui m'a dit que vous vous occupiez de cette affaire et, comme ma situation est assez délicate ... Vous ne pouvez comprendre. - Mais si ! A propos, votre fils ne vous a pas rendu visite hier après-midi ? - Que voulez-vous insinuer ? - Rien ! Une simple question. - La concierge vous dira qu'il y a au moins trois semaines qu'il n'est pas venu me voir ..." Elle parlait sèchement. Son regard était plus agressif. Est-ce que Maigret n'avait pas eu tort de ne pas lui laisser prononcer son discours ? - "Je suis heureux de votre démarche, car elle prouve votre délicatesse et ..." Le seul mot "délicatesse" changea quelque chose dans les yeux gris de la femme, qui inclina la tête en guise de remerciement. - "Il y a des situations très pénibles !" dit-elle. "Tout le monde ne le comprend pas. Même mon mari qui me conseillait de ne pas porter le deuil ! Remarquez que je le porte sans le porter. Pas de voile ! Pas de crêpe ! Simplement des vêtements noirs ..." ... [...] + Lire la suite
[...] ... [Mme Martin] sortait toute vivante d'un album de famille. Physiquement, elle s'assortissait aussi bien que possible au fonctionnaire à l'Enregistrement qu'elle avait épousé. On les imaginait sans peine, le dimanche après-midi, montant par exemple les Champs-Elysées : le dos noir et nerveux de Mme Martin, son chapeau toujours en travers à cause du chignon, sa démarche précipitée de femme active et ce mouvement du menton soulignant des paroles catégoriques ... Et le pardessus mastic de Martin, ses gants de peau, sa canne, sa démarche assurée, paisible, ses tentatives de flânerie et d'arrêt aux étalages ... - "Vous aviez des vêtements de deuil chez vous ?" murmura insidieusement Maigret en exhalant une grosse bouffée de fumée. - "Ma soeur est morte il y a trois ans ... Je veux dire ma soeur de Blois ... Celle qui a épousé un commissaire de police ... Vous voyez bien que ... - Que ? ..." Rien ! Elle le mettait en garde ! Il était temps de lui faire sentir qu'elle n'était pas n'importe qui ! Elle devenait d'ailleurs nerveuse parce que tout le discours, qu'elle avait préparé ne servait de rien, par la faute de cet épais commissaire. - "Quand avez-vous appris la mort de votre premier mari ? - Mais ... ce matin, comme tout le monde ! C'est la concierge qui m'a dit que vous vous occupiez de cette affaire et, comme ma situation est assez délicate ... Vous ne pouvez comprendre. - Mais si ! A propos, votre fils ne vous a pas rendu visite hier après-midi ? - Que voulez-vous insinuer ? - Rien ! Une simple question. - La concierge vous dira qu'il y a au moins trois semaines qu'il n'est pas venu me voir ..." Elle parlait sèchement. Son regard était plus agressif. Est-ce que Maigret n'avait pas eu tort de ne pas lui laisser prononcer son discours ? - "Je suis heureux de votre démarche, car elle prouve votre délicatesse et ..." Le seul mot "délicatesse" changea quelque chose dans les yeux gris de la femme, qui inclina la tête en guise de remerciement. - "Il y a des situations très pénibles !" dit-elle. "Tout le monde ne le comprend pas. Même mon mari qui me conseillait de ne pas porter le deuil ! Remarquez que je le porte sans le porter. Pas de voile ! Pas de crêpe ! Simplement des vêtements noirs ..." ... [...] + Lire la suite